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 Poor, without weapons or armor

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MessageSujet: Poor, without weapons or armor   Jeu 7 Nov - 14:15

Park Yun Su & Wu Xiao Ming
Poor, without weapons or armor
« Rien ne met mieux en évidence la pudeur masculine que de jolies jambes féminines : dès qu'un homme en aperçoit, il baisse les yeux. » Une citation parmi tant d’autre d’une personne dont j’ai oublié le nom. C’est un homme je pense, certainement un peu obsédé sur les bords… à moi que ce ne soit une femme aguicheuse. Tant d’inconnu dans l’équation qui a comme pour seul résultat connu l’échec. Cette personne ne savait visiblement pas qu’il y avait des stylistes coréens bipolaire dans ce monde, sinon il ou elle n’aurait pas dit ça. Tant qu’il y aura un yakuza pour renier qu’il peut aimer un homme, cette citation sera juste la preuve d’un mensonge éhonté qui n’en convainc pas beaucoup.

Les affaires marchent, n’est-ce pas une bonne chose ? Les clients viennent nombreux pour profiter de la compagnie de ces jeunes hommes, pendant que le compte en banque se vide petit à petit au profit d’un groupe de yakuza. S’ils savaient… Ce soir, je n’avais rien d’autre à faire que d’observer. Surveillant les hosts tout comme les clients, repérant les femmes riches qu’il faut à tout prix fidéliser et… les hommes ? Jamais je n’avais compris pourquoi, mais des hommes venaient eux aussi. Il n’y avait pas de demoiselles hostess dans les parages, mais ça ne dérangeait nullement les clients masculins. Eux venez pour les hosts, les hommes travaillant pour moi et pour mon yakuza de père adoptif. Que faut-il comprendre à ça ? Que cette ville est remplie de personne à la sexualité assez discutable… ou qu’elle est remplie d’alcoolique, au choix. Un groupe d’homme était entré, accueillis par les hosts juste devant moi. De ma place assez avantageuse je pouvais repérer discrètement les bons clients, préparant un petit plan dans ma tête pour mettre le grappin sur le jackpot. Mon métier n’était en rien celui d’un gérant d’host club à la base, et pourtant je prenais gout à ça. Je n’avais pas à utiliser la violence ou braquer une arme sur quelqu’un. C’était reposant et personne ne me dérangeait. Je suis plongé dans mes pensées, mais pendant ce temps, les affaires continues. Un employé explique comment fonctionne les affaires aux clients. Ils peuvent choisir n’importe quel host libre et on la soirée pour passer du temps avec, mais si finalement leur choix ne convient pas, ils peuvent toujours changer. Mais uniquement le premier soir. Après, l’host restera assigné à cette personne, attirant ainsi les clients dans une roue infernale. Le petit groupe se voit alors présenté de nombreux hosts aux styles très différents. Du jeune homme aussi viril que mon métier est légal, à un homme plus mûre physiquement, en passant bien sûr par celui qui ressemble à un idole japonais. Tant de choix, est-ce possible de ne pas être satisfait ? En règle générale, les femmes aiment bien les petits minois qui changent agréablement de leurs maris gros et vulgaire, qui de plus rappelle un peu le physique retouché des idoles coréennes d’aujourd’hui, un physique innocent et sans imperfection. Mais les hommes, préfèrent-ils les petits minois ou les hommes plus virils ? Visiblement, les avis divergent. Je prends finalement gout à observer le petit groupe d’homme faisant son choix minutieusement. Mon regard se sent attiré par l’un d’eux. Allez savoir pourquoi, mais j’ai envie d’en savoir plus sur lui. Je tente de me convaincre que c’est juste un tic professionnel, que je n’arrive pas à cerner le genre de personne qu’il est d’un premier regard et que ça me frustre. Un des employés vint vers moi, me sortant de mes réflexions. « On a un problème… le choix ne semble pas assez vaste. » Le fait que l’host s’adresse à moi me met aux centres de regards de ceux présents dans l’entrée, changement radical. Les premières minutes avaient été en la faveur de l’incognito que me donnait mon petit coin tranquille, mais à présent, j’étais au centre de l’attention. Les hosts portaient toujours un regard empreint d’un grand respect. Un regard qui certainement intrigue les gens. Certains des hosts sont plus âgés que moi, ce doit être étrange pour les clients de voir donc un tel respect dans le regard des autres. Celui qui m’avait appelé à l’aide me fit comprendre que les personnes assez difficile à satisfaire étaient justement celles que j’observais. Et dans ce groupe, celui qui attirait particulièrement mon attention. J’ai croisé son regard. Je n’aime pas ça. D’habitude, je reste incognitos, je ne croise jamais le regard des clients, je suis un chef dans l’ombre. Le fait de croiser le regard de celui-là me met mal à l’aise, comme si main tenait mon cœur dans sa paume, prenant ainsi le droit de vie et de mort sur ma personne. Je me sens démunis, sans arme ni armure. J’ai l’impression que cet homme me tiens à sa merci. Un sentiment que je n’avais jamais ressenti. Quel est-il ? Ce n’est pas de la peur. Je sais ce qu’est la peur. Je l’ai connue mieux que quiconque. L’appréhension ou le stress ? Non plus. Au fond de moi, je sais que le seul sentiment qui peut réveiller en moi cette impression n’est rien de normale : c’est un homme, je suis un homme. Jamais une femme n’a fait ressentir en moi ce genre de choses, pourquoi ce doit-être un homme ? Pourquoi le simple fait de croiser son regard, de voir mes yeux plongé dans les siens ne serait-ce qu’une micro seconde me fait mal à ce point ? Je romps la connexion, fermant les yeux quelques secondes pour les rouvrir loin des siens. « Je suis sûr que l’on peut trouver quelqu’un qui corresponde à vos attentes. » Je refusais de regarder droit dans les yeux l’homme en question, préférant regarder le groupe sans viser une personne en particulier. Je fis un signe à un host. Le plus populaire ces derniers temps auprès des hommes… « Puis-je vous présenter notre host le plus apprécié ? Il saura certainement vous satisfaire, j’en suis convaincu. Il ne fait pas partit des hosts libre ces derniers temps, mais je peux faire une exception pour vous. » En réalité son emplois du temps était déjà bien assez garnis comme cela, ce serait perdre de l’argent que de lui rajouter trop de clients, surtout quand on ne sait pas s’ils reviendront, ou s’ils ont beaucoup d’argent à dépenser. Mais plus vite je pourrais me débarrasser de ce sentiment oppressant mieux ce sera. « Si vous avez une idée de ce que vous recherchez, vous pouvez m’en faire part, que je puisse vous trouver ce dont vous avez besoin de manière plus efficace. »
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MessageSujet: Re: Poor, without weapons or armor   Ven 8 Nov - 15:08

POOR WITHOUT WEAPONS OR ARMOR

« Please, come ». Que je vienne. Dans ces rues, ces infâmes trottoirs ! Ces lieux de luxures, de plaisirs immondes et vicieux. Couvés par l'ombre complice, on se laisse aller. Entre les fumées ; de la ville, de nos lèvres. Je veux me perdre sous les cris impudiques, le brouhaha trépidant de la petite foule. Je me sens bien. Les mains tremblantes, je cherche les belles assassines ; mes clopes. L'index caresse l'angle du paquet. Je soupire. Seul dans mon loft délabré, j'écoute le vieux Chopin. Ses notes emplissent l'espace vide ; quelques tableaux, des croquis, une plante. Les A4 jonchent le parquet, du crayon sur du bois ; du trait sur des planches. J'exhale avec allégresse, le regard perdu vers la baie vitrée. Il est déjà noir. Pas d'étoiles ce soir, seuls les pots d'échappement. Je suis captivé par les lumières des fenêtres. Une, deux, trois minutes je reste planté là. A fumer, à voir sans voir. J'aime les nuits froides et solitaires. Quand l'air te prend à la gorge, aux poumons. Que tu te sens, pauvre homme. Et puis j'écoute une deuxième fois le répondeur. « Let's have some fun ! Well, you know what I mean... Boys boys boys ♫ ». Parfois je voudrais ne pas savoir. Je regrette l'innocence ; le blanc cœur. Que mes pensées ne soient pas toujours orientées. Car elles le sont. Je prends tout pour allusion. Schopenhauer allait plus loin encore. Le sexe, le sexe, le sexe. Est-ce donc là le centre de l'intérêt ? D'une moue amusée, j'en conclus que oui. D'ailleurs, je suis en manque. Cela m'arrive, même si j'ai tendance à penser que je suis quelqu'un de... raffiné. Enfin, de temps en temps, quelques ébats bestiaux et sans retour, je ne refuse pas. Néanmoins, c'est une période creuse. Suis-je devenu si exigeant ? Suis-je lassé ? Voilà qui est fort troublant. Mais mon corps ne l'entend pas de la même manière. Il veut des caresses ; il veut être submergé, ravagé. C'est pourquoi je prends mon portable, et je réponds brièvement. « I'll come, bitches ». Ils veulent essayer un club d'host. Certains sont même familiers à l'établissement. Ces salopes, je te jure. Pire que moi. Il faut dire qu'on en voit, des spécimens, dans le milieu de la mode.
Distraitement, je commence à me préparer. Je crame une deuxième clope, charmante victime. Distille ton poison en mes poumons. C'est si bon. Torse nu devant ma penderie grande ouverte, je cherche une tenue. J'opte pour quelque chose de casual et d'élégant à la fois. Du Yves Saint Laurent, bien sûr, toujours. Une pointe de parfum, de l'eye-liner, et je sors. La nuit me cueille en son sein, véritable mère d'adoption. Elle couve mes frasques et mes délires. Je me sers dans mon blouson en cuir. J'ai adopté un style débraillé, un peu filou. Ça contraste avec ma gueule d'ange, j'aime bien. Les autres aussi. Ils ont dans l'idée de souiller un peu plus l'ingénu, le gentil garçon. Je retrouve mes amis, mes compagnons de folie. Ça rit, ça plaisante. Bras dessus bras dessous, on part pour le club d'host. Dans les rues, les gens se retournent vers ce groupe d'énergumènes, d'éphèbes en chaleur. On provoque la minette, ça glousse. Et puis on arrive. Je jette un coup d’œil à la façade. La vision me tire un sourire moqueur. Pauvre société. On m'entraîne à l'intérieur, alors que je regarde distraitement autour de moi. A l'entrée, ça discute bétail. Mes amis hésitent, se justifient. Moi, rien ne me tente. Dans le « menu », je veux dire. Rien qui ne me donne appétit. Je tourne la tête, je vois un jeune homme. Mes yeux rencontrent les siens, et je sonde, je scrute. Enfin je détourne le regard. Toujours impassible, je dis à mes amis que je ne suis pas tenté. Mon insatisfaction remonte. Oh, vais-je donc causer quelque éclat ? Je souris un peu plus. L'intérêt général se porte sur le jeune homme. Celui qui se tient à l'écart. Il éveille mon désir ; le plus profond, et irrépressible. C'est même douloureux, cette envie de lui. Je le dévisage à mon aise. Son charme m'atteint de plein fouet. J'en suis tout retourné, et ravi. J'écoute son discours, et je m'avance vers lui. Je le salue ; je m'incline donc. « Merci de votre prévenance, monsieur. Je suis désolé d'être la cause d'un tel embarras. Mais grâce à vous, j'ai trouvé celui qui me faut ». Je m'incline une nouvelle fois, relevant la tête avec un sourire charmeur. Tout contre lui, j'ajoute à voix basse. « Nommez votre prix. Juste une soirée, vous et moi ». Je me redresse, comme si de rien n'était. Je dis à mes amis de vaquer à leur occupation, que je suis entre de « bonnes mains ». Je me tourne vers le jeune homme. Il n'est pas un host, visiblement. Un des gérants ? Certainement. Peut-être va-t-il mal le prendre, ce qui serait fort fâcheux. D'une voix suave, je continue sur ma lancée. « Vous ne serez pas déçu, si vous voyez ce que je veux dire ». Je hausse un sourcil, soulignant la portée sexuelle de mon argument.
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MessageSujet: Re: Poor, without weapons or armor   Ven 8 Nov - 22:10

Park Yun Su & Wu Xiao Ming
Poor, without weapons or armor
Honoré de Balzac a dit : « Faire naître un désir, le nourrir, le développer, le grandir, le satisfaire, c'est un poème tout entier. » Le désir, qu’est-ce ? C’est lui. Je le nourris de mon refus de croire que mon orientation sexuelle se tourne en faveur de l’homme. Il se développe avec la peur de voir ceux que j’aime souffrir de par mes occupations professionnelles, il grandit au fur et à mesure que je tente de repousser cette attirance, ce désir. Et enfin, il se satisfait de tant d’hypocrisie et de temps de mensonge voué à l’échec. Ainsi né ce poème, battis par l’histoire de la présence d’un homme dans le cœur d’un autre homme. Battis par ta seule présence. Une présence si grande que tous les efforts du monde ne me permettraient pas d’effacer.

Je me suis toujours demandé ce qui pouvait mener des gens à travailler comme host. Ce n’était en rien un métier gratifiant et des hommes venaient en tant que client… Même les femmes prenaient du plaisir à voir deux hosts entretenir en public une relation plus que curieuse. Etais-ce ça la conséquence de la pop coréenne ? Les Japonais avaient exporté cette musique populaire, devenant ainsi au pays du matin calme une industrie basé sur de la chirurgie et des hommes plus efféminés les uns que les autres ? Je critique, je critique… mais ces garçons efféminés représentent ma facture de chauffage l’hiver, et je dois avouer que de ce côté… je ne lésine pas sur les moyens, grand frileux que je suis. Et je ne peux me plaindre de cette distraction que m’offrent certains clients. Observer, apprendre, connaître. Dans mon coin à l’écart, j’attends et je vois. Silencieux comme une ombre, immobile comme une statue, je capte toutes les informations qui me semblent utile. Je vois, je sais. Cette petite place qui est mienne, je la chérie. Je suis incognitos. Je n’aime pas être dans la lumière, je préfère de loin l’ombre. De là, personne ne me dérange, je ne dérange personne. Ainsi les problèmes restent loin de moi, les ennuis sont pour les autres, ceux qui sont dans la lumière. Mais ce petit groupe, non cet homme, m’a sortis de l’anonymat de l’ombre. Je suis au cœur de l’attention, centre des regards, les oreilles braquées sur mes paroles. Je n’aime pas ça. Je me sens démunis. Je ne peux fuir, prisonnier de leurs regards. Prisonnier de son regard. Il me dit avoir trouvé chaussure à son pied. Je soupire intérieurement. Dans quelques secondes, la dite chaussure s’occupera de son cas, et je serais libre de l’emprise de cet homme. Il s’incline une deuxième fois, un sourire charmant sur les lèvres, me frappant si violement que j’en perdis le fil des choses. Je veux fuir. Me réfugier dans la douce étreinte de la nuit. Caché dans l’ombre, loin de ce puits de lumière aveuglante. Voilà ce qu’il est. Un soleil pour l’ombre que je suis. Mais l’ombre n’existerait pas si le soleil n’était pas là pour la façonner. A quoi sert-il de résister puisqu’il est ce qui me fait vivre ? Je sombre dans la folie. Ce devait arriver un jour. Son regard a juste accélérer les choses et plus il reste près de moi, plus la folie m’emporte. Une ivresse sans pareil. Il est l’alcool, je suis le verre. Et ce soir, il veut me remplir. Une métaphore assez douteuse, j’en conviens. Mais j’ai bien entendue ce qu’il a dit : lui et moi. Seul. Il dit être entre de bonnes mains, ses amis le laissent. S’il savait ce que j’étais… Il est le Yang, le blanc de ce symbole. La clarté, le soleil, la chaleur… Et je suis son opposé, le Yin. Le sombre, la lune, le froid… « Vous semblez vous méprendre. Je ne suis pas un host, loin de moi l’envie de vous offenser. Je ne suis cependant certainement pas la meilleure personne pour vous satisfaire. » Je reste poli. C’est un client, je me dois d’être poli. Tout comme je me dois de lui répondre et de ne pas fuir, me cacher loin de sa présence ensorcelante. Mais il continue, sous-entendant d’un simple haussement de sourcil bien des aventures. D’un simple coup d’œil, je vérifie que plus personne ne peux entendre. Ma réputation en prendrait un sacré coup… cela dit, que m’importe ma réputation ? Tant que l’on sait que je reste l’arme favorite d’un yakuza des plus respecté, ça me va. Mais lui n’y prend pas compte. Le sait-il au moins ? Il y a fort à parier que non. Les rumeurs vont de bon train sur l’Eden host-club, mais ce ne sont que des rumeurs, vrai certes, mais des rumeurs tout de même. Alors, que dois-je répondre à cette invitation ? Je ne sais pas… en moi un dilemme fait rage. Un côté voudrait sauter sur cet homme, profiter de sa présence, de sa lumière revigorante. Un autre côté préférerait fuir. La peur, le renie de cette attirance, l’excitation aussi. Je suis dans l’inconnu et je n’aime pas ça. Je ne sais pas quoi faire et pour la première fois de ma vie, je me retrouve avec les mots qui me manquent, moi qui d’ordinaire ai la langue assez pendu pour provoquer sans vergogne un des hommes les plus dangereux de la ville. « Je… » Oui. Je ne sais que dire. Le vide dans mon cerveau. Je me sens observé, mon cœur s’affole, mon cerveau s’éteint. Je le sais. Je vois dans ses yeux qu’il sait parfaitement que je ne suis pas un de ces hosts. Je recule et me dirige doucement vers une salle privée. Je donne congé aux deux hommes qui la gardent en permanence. Au fond de moi, j’espère qu’il va me suivre. J’espère me retrouver seul dans un lieu où personne ne sera présent pour nous déranger. Mais j’essaie de refouler cette envie. Impossible. Ma main n’a pas répondu à mon ordre de fermer la porte. Elle reste entrouverte. Une invitation indirecte. Mince, que fais-je ? La faiblesse m’envahit, dégoulinant sous la peau. Une cascade d’envie et de refus habite en moi.
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MessageSujet: Re: Poor, without weapons or armor   Sam 9 Nov - 12:02

POOR WITHOUT WEAPONS OR ARMOR

C'est vrai, ils le disent, je suis un bon coup. Un « sacré », même et ça me plaît. D'être genre un cardinal du sexe. Que j'honore par ma semence. L'amour excessif de soi est une chose amusante à vivre. Enfin, je prends tous ces compliments  à la légère. Et puis ce n'est pas comme si j'avais baptisé tous les ploucs du coin avec ma virilité. Seigneur non. J'ai été plutôt sage. A dix-sept ans j'ai rencontré un riche homme d'affaire. J'ai succombé tout de suite ; c'était intense et douloureux. J'étais sa chose, sa boîte à plaisirs. J'allais dans les grands hôtels ; dans les ascenseurs de verre, il m'embrassait. Les draps étaient salis. Et il partit, un jour, pour faire une famille. J'en ris encore aujourd'hui. Je l'imagine, dans sa petite maison, avec sa petite femme ; cette même petite femme qui ne le fait pas bander. Pauvre société. A vingt ans, je suis sorti avec mon meilleur ami. Je l'aimais mal. Tout se consumait ; les cris, les caresses, les regards. On s'entraînait vers les bas fonds, l'abysse ; l'abnégation de soi. On s'est quittés en décembre dernier, amers et déçus. Depuis lors, j'ai fréquenté un bassiste un peu limite ; drogues, violence. Sans suite. En vérité, je lui trouvais un air à la Ren Honjō ; en tant que fan incontesté d'Ai Yazawa, j'ai profité. Espérons qu'il ne finisse pas encastré dans un garage. Bien sûr, je passe les flirts avec mannequins et photographes. Jusqu'à ce soir, j'étais au point mort. Maintenant, je suis au point de non retour. Je n'hésite pas, je frémis juste. La vue de sa peau suffit à m'émouvoir. L'embrasement me prend aux tripes. Sous l'excitation, mes pupilles se dilatent ; le regard caresse l'objet de désir. Je ne suis pas nerveux, je devrais l'être. Mais le soir m'appartient ! Tout est possible, encore. Ne fuis pas. Prends moi, comme tu veux. Assouvis ce désir qui t'étreint le cœur, les lèvres. Déjà je suis à toi. J'ai peur, aussi, tu sais. De t'aimer comme ça, de ne plus pouvoir me sentir ; sinon à travers ton regard. C'est pas des conneries, alors. Je croyais plus au coup de foutre avant. C'était liquide ; concret. Là, mon cœur qui bat. Je le sens fort dans ma poitrine. Je veux que tu entendes son chant tribal. Il s'emporte, il s'égare. L'organe n'est plus mien. Voleur ! Voleur !

Je le regarde sans sourciller. Bien sûr, il n'est pas un host. Il est bien plus beau que ces mecs à franges ; ces Adonis qui se ressemblent, qui se copient. Lui, il est l'ombre. Je coule dans le noir de son encre. L'homme se trompe ; sa voix seule me satisfait. Son accent. Ses lèvres entrouvertes. Je voudrais deviner ses pensées. Et il s'efface ; je le suis des yeux. J'ai bien vu son expression. Alors, pourquoi... ? En temps normal, j'aurais haussé les épaules. Ça m'aurait fait sourire. Là, je ne puis  tourner mes talons. Je reste planté comme un con, perplexe, dubitatif, blessé. Des gens passent à côté de moi ; des ombres, fades et insipides. Des silhouettes aux traits difformes et pales. Je n'entends pas leur voix. Je ne devine pas leurs sourires. Enfin je m'élance, je suis ses traces. Une porte entrouverte. Doucement, je l'ouvre un peu plus. Pas trop, juste pour moi. Ne pas faire entrer le brouhaha incessant des silhouettes. Je ferme la porte, y prenant appui. Les yeux au sol, j'écoute nos souffles. J'essaie de parler. « Vous... ». A-t-il aussi pris mon éloquence ? Un faible sourire éclaire mon visage. « Je suis sérieux. Je ne me moque pas de vous. Je vous trouve... très beau ». Je relève la tête aux derniers mots. Toujours contre la porte, je considère son profil élancé. « Peut-être vous n'êtes pas attirés... My mistake ». J'hésite à présent. La main sur la poignée, il me faudrait un mouvement pour clore cet échange. J'ai dit ce que j'avais à dire. Et je n'ose faire ce que j'ai envie de faire. Presque inconsciemment, je m'approche de lui. « Maybe, let's figure out ». On se fait face. Je me perds dans le noir de son regard ; c'est lancinant, addictif. Un léger sourire s'éprend de mes lèvres. D'une main tremblante, je prends la sienne ; je la porte à mon cœur battant. Est-ce là une sorte de déclaration ? Je ne sais pas, je ne pense plus. J'attends ses lèvres. Sa peau me brûle ; elle distille un délicieux poison en mes veines. Drag me down at nightfall.
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